Axe · Énergie
Produire plus, importer moins
La France a l’une des électricités les plus décarbonées au monde et une facture énergétique extérieure qui se compte en dizaines de milliards d’euros par an. Les deux affirmations sont vraies en même temps, et c’est tout le problème.
Le constat
Notre électricité est décarbonée à plus de 90 %. Mais l’électricité ne représente qu’environ un quart de l’énergie que nous consommons réellement. Les trois autres quarts sont du pétrole et du gaz : nos transports, notre chauffage, nos usines. Et cette part-là, nous l’achetons entièrement à l’étranger.
Chaque hiver, la même somme quitte le pays. Elle ne finance ni un emploi français, ni une usine française, ni un impôt français. C’est cet argent que nous voulons garder, et la seule façon d’y parvenir est de produire davantage ici et de consommer moins partout.
Chiffres à sourcer avant publication
Facture énergétique extérieure annuelle, part fossile de la consommation finale, trajectoire de consommation électrique selon les scénarios RTE. Remplacer ce bloc par les chiffres sourcés et datés.
Produire plus d’électricité décarbonée
Accélérer le programme de nouveaux réacteurs
Le frein n’est ni la technique ni l’acceptabilité : c’est le financement et la durée d’instruction. Nous proposons de sécuriser le financement sur la durée du chantier et de raccourcir les délais administratifs sans toucher aux exigences de sûreté, qui ne se négocient pas.
Prolonger le parc existant partout où la sûreté le permet
Réacteur par réacteur, sous le contrôle exclusif de l’autorité de sûreté. Un réacteur prolongé est l’électricité décarbonée la moins chère et la plus rapide à obtenir.
Reconstruire la filière industrielle et les compétences
Le vrai goulot d’étranglement des chantiers récents n’a pas été le béton, mais les soudeurs, les chaudronniers et les contrôleurs. Aucune relance ne tient sans un plan de formation à l’échelle de la commande.
Orienter les petits réacteurs vers la chaleur industrielle
Les petits réacteurs modulaires ne servent pas à remplacer les grands. Ils servent à décarboner la chaleur des usines et des réseaux urbains, aujourd’hui produite au gaz importé. C’est là que leur intérêt économique est le plus net et leur débouché le plus sûr.
Débloquer l’hydraulique
Les concessions hydroélectriques sont gelées depuis plus de quinze ans par un contentieux européen, ce qui bloque l’investissement sur des barrages déjà construits. Régler ce dossier ne coûte presque rien au budget et libère du suréquipement, du rehaussement, et surtout des stations de pompage, notre seul moyen de stockage de masse éprouvé.
Couvrir les toits avant les champs
Priorité absolue au foncier déjà artificialisé : toitures, ombrières de parking, friches industrielles, délaissés d’autoroute. Obligation d’équipement sur les bâtiments neufs et les grandes surfaces commerciales et logistiques, et tiers-investissement pour les particuliers qui ne peuvent pas avancer les fonds.
Investir dans le réseau autant que dans la production
Sans lignes, sans flexibilité et sans stockage, un mégawatt supplémentaire ne sert à rien. C’est la partie la moins spectaculaire d’une politique énergétique et celle dont l’absence se paie le plus cher.
Faire de l’hydrogène une filière
Le débat public confond deux sujets qui n’ont presque rien en commun. Nous les séparons.
Savoir ce que vaut notre sous-sol
Nous ne prétendons pas savoir ce que contient le sous-sol lorrain. Nous proposons de le savoir. Un programme national d’exploration de l’hydrogène naturel, doté et calendé, parce que si ces réserves sont exploitables elles changent l’équation énergétique européenne, et que le coût de la vérification est dérisoire au regard de l’enjeu.
Remplacer d’abord l’hydrogène fossile que nous consommons déjà
Nos raffineries et nos usines d’engrais utilisent chaque année des centaines de milliers de tonnes d’hydrogène fabriqué à partir de gaz importé. Le remplacer par de l’hydrogène décarboné produit ici est le débouché le plus rentable, le plus immédiat et le moins contesté. Viennent ensuite la sidérurgie, la chimie lourde, puis la mobilité lourde : poids lourds longue distance, bus, lignes ferroviaires non électrifiées, fluvial.
Ce que nous écartons
L’hydrogène pour la voiture particulière. La batterie a gagné cette bataille, et les constructeurs qui ont parié l’inverse l’ont payé. Un programme sérieux dit aussi ce qu’il ne fera pas.
Consommer moins, payer moins
Un guichet unique pour la rénovation, et un vrai contrôle
L’isolation est le kilowattheure le moins cher : celui qu’on ne consomme pas. Le problème français n’est pas le montant des aides, c’est leur illisibilité et la fraude aux travaux, qui ont découragé des ménages entiers. Un guichet unique, un interlocuteur, et des contrôles qui excluent durablement les entreprises fautives.
Traiter le confort d’été comme l’hiver
Les canicules ne sont plus des accidents. Protections solaires, ventilation nocturne, inertie, végétalisation : ces solutions coûtent bien moins cher que la climatisation, qui réchauffe la rue pour refroidir le salon et fait grimper la pointe électrique au pire moment.
Donner une seconde vie aux batteries de voiture
Une batterie descendue à 70 % de sa capacité est finie pour un véhicule, pas pour un usage fixe. Nous proposons un diagnostic obligatoire avant destruction, une norme de traçabilité et un cadre de réemploi en stockage stationnaire. Ce n’est pas un gisement gratuit : le tri et le test coûtent cher, et cette filière entre en concurrence avec le recyclage matière. Elle mérite d’être organisée, pas promise.
La facture extérieure
Ce n’est pas un quatrième pilier, c’est le résultat des trois premiers. Chaque térawattheure substitué au gaz, chaque tonne d’hydrogène décarboné, chaque logement isolé se traduit en euros qui ne sortent plus du pays.
La mesure du succès de cet axe n’est donc pas un nombre de réacteurs ni un nombre de panneaux. C’est une trajectoire de facture énergétique extérieure, publiée chaque année, que nous nous engageons à faire baisser.
Le calendrier
Un réacteur, une filière industrielle, un parc de logements ne se transforment pas en cinq ans. Nous refusons de faire semblant du contraire. Nous disons donc ce qui doit être décidé maintenant, ce qui sera engagé pendant le mandat, et ce qui produira ses effets ensuite.
Ce qu’on nous opposera
Un programme qui ne publie pas ses points faibles demande qu’on lui fasse confiance. Nous préférons les écrire nous-mêmes.
« Le nucléaire coûte trop cher et arrive trop tard »
C’est l’objection la plus solide. Les derniers chantiers ont dérapé en coût comme en délai. C’est précisément pourquoi EN-2 et EN-3 comptent autant que EN-1 : prolonger l’existant donne du temps, et reconstruire la filière est ce qui décide du coût du reste.
« L’hydrogène naturel, personne n’a démontré que ça marche »
Exact. C’est pourquoi EN-8 finance une exploration et pas une exploitation. Nous assumons un pari dont le coût est celui d’une campagne de forage, pas celui d’une filière.
Cet axe en croise d’autres
- Réindustrialisation — l’énergie décarbonée n’a de sens que si elle alimente des usines ici.
- Écologie — la seconde vie des batteries et le carbone aux frontières prolongent cet axe.
- Agriculture et eau — le stockage hydraulique et l’eau agricole partagent les mêmes bassins.